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La chirurgie des paupières

L’automne arrive à grands pas, la rentrée scolaire est complétée pour tous, les feuilles changent de couleur et commencent à tomber, inlassablement le cycle de la vie se perpétue.  Pendant cette saison, nous réintégrons l’intérieur de nos maisons et nous réalisons que l’espace d’un été nous avons vieilli encore un peu…

Souvent, premier signe du vieillissement d’un visage, les paupières deviennent lourdes et se mettent à tomber.  Cette peau, la plus mince du corps humain, se flétrit, perd de son élasticité et changera votre regard si pétillant d’autrefois.  Pour les moins bien nantis génétiquement parlant, cette laxité des paupières (dermatochalasis) diminuera de façon tout à fait objectivable le champ visuel.  Un dermatochalasis sévère aura même des répercussions sur l’état fonctionnel visuel d’un patient, d’où l’importance de conseiller une chirurgie lorsque la situation se présente.  Mais avouons le tout de suite, 90% de ces chirurgies sont tout d’abord pratiquées pour des raisons esthétiques.  Nous pouvons estimer que 80% des gens qui consultent pour cette raison sont âgés entre 35 et 60 ans.  La plupart ne désirent pas seulement la chirurgie des paupières supérieures, mais également celle des paupières inférieures.  Ces poches disgracieuses sous les paupières représentent la plainte principale de plusieurs patients.

Il est important de préciser qu’avec la chirurgie nous pouvons grandement rajeunir un regard et obtenir une amélioration de 70 à 80%.  Toutefois, nous devons comprendre que la peau laissée en place ne sera pas plus jeune qu’avant la chirurgie, que son élasticité demeurera inchangée.  Nous améliorons donc l’apparence en enlevant les tissus et graisses excédentaires, mais ne modifions en rien l’état des tissus.  Nous constaterons donc quelques ridules résiduelles au niveau des pattes d’oie, ce qui est tout à fait normal.

Afin d’envisager une chirurgie, un patient devra être prêt à prendre une convalescence de dix  à quinze jours, dont cinq jours sans activité physique exigeante sur le plan cardio-vasculaire.  En effet, après deux ou trois jours les risques d’infection sont passés, et après cinq jours, les risques d’hémorragie sont peu probables.  L’œdème et les ecchymoses disparaissent presque complètement après sept à dix jours.  Nous pratiquons cette chirurgie avec un laser CO2 plutôt qu’avec un bistouri conventionnel.  Le laser CO2 permet de cautériser les vaisseaux à mesure que nous coupons les tissus, il y a donc très peu de saignement comparativement à la chirurgie traditionnelle.  Cette diminution du saignement peropératoire, accélère donc le processus chirurgical et contribue à diminuer l’œdème postopératoire.  Il en va donc autant du confort pour le chirurgien que pour le patient.  Normalement, les sutures sont retirées une dizaine de jours après la chirurgie, celles qui le désirent peuvent se maquiller, le port des verres de contact est alors autorisé.

Avant de subir une chirurgie des paupières, nous avisons les patients de cesser toute médication contenant de l’aspirine (ASA), deux semaines avant la chirurgie, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que Motrin, Advil, Naprosyn, Celebrex etc, doivent être cessés.

La chirurgie est faite sous anesthésie locale, c’est-à-dire avec infiltration des tissus avec de la xylocaïne.  Pour assurer le confort du patient, nous ajoutons une sédation intra veineuse pendant l’intervention.  Nous suggérons au patient de choisir un parent ou ami afin de l’accompagner puisqu’il ne sera pas en état de conduire une automobile après la procédure.

Nous reverrons le patient le lendemain de la chirurgie, cinq jours et dix jours après.  Les visites subséquentes seront adaptées en fonction de la guérison de chaque patient.  Cette chirurgie n’est absolument pas douloureuse pour les patients, la majorité des patients opérés ne prennent pas les comprimés de codéine qui leur sont prescrits en postopératoire.  Le congé forcé de la convalescence se présente comme une occasion merveilleuse de repos pour une clientèle qui n’en a pas l’habitude ou n’en prend jamais le temps.  Il faut aviser les patients de restreindre leurs activités sociales pour environ quinze jours en attendant que leur nouveau regard guérisse.

L’œdème postopératoire dure habituellement une dizaine de jours, les ecchymoses peuvent, dans certains cas, prendre de 2 à 3 semaines à se résorber entièrement.  Une fois l’exérèse des sutures effectuées, la patiente peut recommencer à se maquiller et à retrouver une vie tout à fait normale.  La cicatrisation des plaies se poursuit pendant plusieurs mois suivant la chirurgie.  Six mois après, il devient très souvent difficile de percevoir la cicatrice tellement les tissus de la paupière guérissent bien.

Afin de rassurer les plus incrédules d’entre vous, je n’ai jamais vu, en 16 ans de pratique, des paupières qui ne fermaient plus suite à une telle intervention.  Je crois que cette fausse croyance tient plus du mythe que de la réalité.  Cette complication est rarissime.  L’inconfort le plus souvent noté par les patients après cette chirurgie, est une légère sécheresse oculaire.  Dans le but de contourner l'incommodité, il suffit simplement, pour quelques semaines, de prescrire des substituts de larmes artificielles en onguent ou en goutte.  Lorsque ce problème survient, il n’est que passager.

Le redrapage des paupières est une chirurgie gratifiante tant pour le médecin que pour le patient.  Que ce soit pour des raisons fonctionnelles ou esthétiques, les patients bien guidés et bien encadrés évolueront généralement de façon très satisfaisante au cours de ce processus chirurgical de rajeunissement.

Dre Dominique Meyer

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